Paumée mais pas perdue

Nous sommes fin août, je repars.

Quatre mois se sont écoulés depuis mon dernier billet, depuis mon départ de la forêt.

L’appel de la forêt, du cœur, de la vie. Quelque chose de latent depuis plusieurs mois, et en même temps une envie viscérale et impulsive. Il fallait que je reparte retrouver la forêt, le camp, et surtout les chimpanzés. Le besoin de me reconnecter au vivant, et au fond, peut-être à moi. À la moi invincible, passionnée, vivante, vibrante, et surtout à la moi utile.

Le niveau d’intensité en forêt était tel que je m’étais habituée à cette adrénaline, à la vie en communauté, à une routine improbable, inconfortable, vulnérable mais joyeuse.

Et puis, tout à coup, début mai, mon retour à Paris. L’immense sentiment de vide. En moi. Autour de moi.

Il s’en est suivi quatre mois.

Quatre mois chargés en émotions, en doutes (et en bouffe, mdr). Mais surtout quatre mois chargés de questionnements : Où est ma place ? Quel est mon rôle ? Ma mission de vie ? Est-ce qu’on doit avoir une seule place ? Comment naviguer entre des mondes qui n’ont (presque) rien à voir et qui nous le font savoir ? Comment vais-je gagner ma vie dans ce bordel (parce que bon, j’ai un loyer à payer quand même 😅) ? Comment me définir ? C’est quoi ma vie ?

Spoiler alert : je ne suis toujours pas sûre d’avoir toutes mes réponses. Mais j’ai lu cette phrase : « Quand tu fais un long voyage, loin de tes repères, si quand tu reviens, rien n’a changé pour toi, c’est que tu as mal voyagé. »

Je ne sais pas s’il y a une bonne ou une mauvaise façon de voyager. D’ailleurs, je ne considère pas cette expérience comme un voyage au sens populaire du terme. Par contre, je crois qu’après une telle expérience, un tel lien avec quelque chose de plus grand que nous, on ne peut pas revenir à la vie as usual. On passe forcément par un processus de transformation autant anxieux qu’excitant.

Aussi déroutant que confiant.

Aussi fluctuant que sain.